La petite histoire qui suit présente une particularité, saurez-vous la découvrir? (nb: si je l'ai mise dans la rubrique littérature, c'est uniquement par commodité, je ne me considère pas comme un auteur^^)
J’habitais alors Montsou, où la composition d’un roman constituait mon occupation la plupart du jour. Sinon, si l’inspiration tardait, j’allais au bois, mon fusil à la main, tuant cinq ou six lapins pour mon plaisir.
Un jour donc, pourchassant un animal dans un bois voisin du bourg, j’ouis un carillon au lointain, qui tinta huit fois. Or la nuit arrivait toujours à grands pas au pays. On disait aussi qu’il y avait un loup, tapis aux plus obscurs coins du bois, qui rôdait durant la nuit jusqu’aux abords du champ communal. Alors, laissant mon lapin à son sort, j’ai couru pour sortir du bois avant la nuit, mais trop tard. Tout fut indistinct quand j’arrivais à un gros buisson touffu, au plus profond du maquis. J’avançais alors sans vois, marchant, tombant, cognant un tronc, jurant…puis stoppais, craintif. Un bruit soudain, un cri : tout paraissait affolant. Alors, frissonnant dans l’inconnu, couard craignant à tout instant l’apparition du loup fatal, moi, l’incroyant, priais, ou plutôt marmonnais, ma main agrippant mon fusil, mon Graal ! Tout à coup, l’animal fut là. Un grand loup, massif, aux crocs brillants. Vision d’un fou, ou d’un individu qui va mourir tantôt ? Soudain, il bondit sur moi. Alors mon fusil claqua, puis un lourd poids s’abattit sur mon corps, qui s’abandonna. Tout fut plus noir, plus obscur, mort…
Il faisait grand jour, j’avais du sang sur tout mon bras droit, l’animal occis sur mon dos, quand j’arrivais l’air triomphal, sous moult vivats du tout Montsou, à la maison pour finir mon manuscrit.



